Tokyo Revengers Gang
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Tokyo Revengers : un furyo novateur

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3 septembre 2021

D’une histoire personnelle à un phénomène de société : le cas Tokyo Revengers

En ce moment, l’univers manga subit de nombreux changement. Il a été difficile de passer à côté du phénomène Kimitsu No Yaiba puis juste après il était question de Jujutsu Kaisen. Ces deux shonen on fait exploser les ventes et ont pour point commun qu’ils sont des shonen prépubliés dans le Shonen Jump, le magazine de la maison d’édition Shueisha. La dernière perle est donc Tokyo Revengers, une véritable révolution dans le genre shonen et du furious. Le shonen est le fait que le manga soit adapté à un jeune public masculin, le terme furyo désigne quant à lui un manga de baston entre gangs.  

Attention cet article contient quelques spoils.

Tokyo Revengers Début

Le commencement d’une légende

Takemichi est un jeune adulte qui n’a rien réussi, rien accompli. Sa vie est faite d’un travail où il se sent mal et un groupe d’enfants passe son temps à se moquer de lui. En regardant les informations, il va découvrir la mort de sa seule petite copine, du temps où il était au collège, dans un accident causé par un gang : le Tokyo Manjikai.

En tombant sur le train, Takemichi va revenir 12 ans en arrière, à l’époque où il était une « racaille ». Cette seconde chance dans le passé, il veut la saisir. Revoir Hina, sa petite copine, la sauver, devenir plus fort, changer le futur et comprendre ce qui lui arrive sera les objectifs de notre héros.

Takemichi est un personnage assez rare car d’un personnage faible, il restera un personnage qui n’est pas fait pour le combat. Sa vraie puissance vient de son courage, de sa témérité. Grâce à ça, il va réussir à intégrer le Tokyo Manjikai et devenir une légende dans le milieu des furyo [dans la vraie vie, le mot furyo désigne les délinquants au Japon]. Le héros est aussi capable de revenir dans le présent grâce à un élément déclencheur et, avec ce même élément, de retourner dans le passé.

Tokyo Revengers est un manga prépublié dans le Weekly Shonen Magazine. Actuellement, 24 tomes sont parus et son arc final est engagé selon l’auteur. En France, il est traduit par Glénat avec 14 tomes actuellement. L’adaptation anime est en cours sur le site Crunchyroll.

Tokyo Revengers Gang

Un furyo qui casse tout !

Tokyo Revengers est un ovni car depuis quelques années, le style furyo est un peu délaissé et n’est pas du tout représenté en France. Seulement deux mangas en furyo ont réussi à marquer l’Histoire du manga en se présentant désormais comme des mangas cultes. Le premier est Racaille Blues, publié par la Shueisha dans le Shonen Jump à son âge d’or aux côtés de Dragon Ball et de Slam Dunk. Le manga a eu un faible succès en France, notamment dû à son édition J’ai Lu Manga qui n’était pas de qualité et n’est plus disponible en vente. Le second n’est autre que Great Teacher Onizuka (GTO), un furyo bien particulier qui est une œuvre culte en France et prépublié par la Kodansha au Japon dans le Weekly Shonen Magazine. Ces deux magazines de prépublications au Japon sont rivaux depuis toujours.

Tokyo Revengers arrive donc dans le magazine de la Kodansha et bat des records. Il est le manga le plus vendu sur une même année de la maison d’édition, battant le record de Shingeki No Kyojin alors que l’année n’est pas finie. Le manga a actuellement tous ses tomes dans le top 50 des ventes hebdomadaires (Top Oricon), ce qui fait 24 tomes actuellement et environ 1,3 millions de tomes vendus chaque semaine. Ce furyo se bat actuellement avec son rival Jujutsu Kaisen pour le titre du manga le plus vendu de l’année et il a l’espoir de peut-être battre le record de Kimitsu No Yaiba, qui est actuellement de 38 191 494 exemplaires sur une année.

Tokyo Revengers Héros

Tokyo Revengers a de grandes forces qui donnent raison de l’engouement autour de l’œuvre. La première chose est que ses personnages sont attachants. Que ce soit Takemichi, Draken, Mikey, Draken, Baji, Chifuyu et tous les autres, tout le monde trouvera un personnage qu’il apprécie car il y a une réelle profondeur dans chacun qui pousse à s’attacher aux personnages.

La deuxième force est la gestion du voyage dans le temps et la cohérence de la timeline incroyable. Beaucoup de mangas se sont risqués aux voyages dans le temps et très peu ont réussi à bien le gérer. Ken Wakui nous montre alors qu’il se glisse dans cette catégorie en rendant une histoire cohérente malgré des allers-retours entre présent et le passé. Et, en plus, il arrive quand même à nous surprendre.

Ken Wakui

Ken Wakui et son scénario bien à lui

Tokyo Revengers bouscule pas mal les choses et on peut se poser la question de certains choix. Mais une chose est sûre : Ken Wakui retranscrit très bien un univers. Cet univers du furyo, il le dépeint si bien pour une raison : il a lui-même été un furyo dans sa jeunesse. Seulement, dans son histoire, il souhaitait parler des furyo à l’ancienne, les anciens gangs de bikers, et quand, selon lui, être un furyo c’était classe. On retrouve sa vision de ce monde entre les voyages dans le temps de Takemichi. Le passé représente les anciens furyo, ceux qui ne mêlent pas les civils, respectueux des autres. Tandis que le présent avec un Tokyo Manjikai corrompu et violent représente ce furyo réellement violent : délinquance, trafic, tout n’est plus qu’une question d’argent.

Ken Wakui jeunesse

Ken Wakui faisait alors partie de l’ancien gang des Black Emperor, il est le seul à ne pas avoir de bande noire sur le visage. Sur cette image, on peut voir que le symbole du Tokyo Manjikai, la croix svastika, est repris directement du symbole de son passé. La photo prise par Mikey quand il crée le Tokyo Manjikai avec ses 3 amis fait aussi écho à cette photo. Pour finir, le gang des Black Dragons a bien un petit air de ressemblance dans on idéologie de la première génération et dans son nom qui rappelle le gang des Black Emperor de Ken Wakui, idéologie sur laquelle est basée le Tokyo Manjikai à l’origine. Black Emperor était bien aussi un gang avec des adolescents, ce qui est retranscrit dans le manga, car il s’agit dans les deux cas d’enfants en marge et délaissés par leurs parents.

Photo Tokyo Revengers

Un aspect marketing qui a mis tout le monde d’accord

Cette dernière partie rappelle aussi qu’un manga est un produit. Etre mangaka, c’est un métier, il faut gagner sa vie. Tokyo Revengers est d’abord une commande faite à Ken Wakui. La demande était : « Il faut un manga furyo ». Le champ est vaste et heureusement que la demande a été faite avec autant d’entrain car on voit que l’auteur prend du plaisir avec son œuvre. Cependant, demander un manga furyo à un ancien furyo n’était peut-être pas un hasard de la part des éditeurs.

Takemichi et ses camarades du Toman (contraction de Tokyo Manjikai) ont réussi à conquérir un public très hétéroclite. Pourtant, le furyo a toujours était un style de niche. Le manga a fait parler de lui d’abord bien sûr pour les fans du genre qui ont de suite attendu le manga. Mais au Japon, le manga est paru avec une couverture que nous n’avons pas connue.

Première cover

Tout d’abord, la première couverture qui n’est parue qu’au Japon. Elle a été changée, car assez violente, pour la seconde, que l’on connaît très bien et qui reste très belle. Cette couverture a permis d’attirer un public bien plus jeune que les anciens fans de furyo à la Racaille Blues. Par la suite, l’anime a donc fini le travail en touchant le public féminin grâce à une très belle animation.

Couverture actuelle

Le Toman marquera les cœurs

Ce gang de jeunes marquera bien une génération et saura plaire à un public large. Tout a été réuni pour un manga d’une grande qualité. Il en est à son arc final, ce qui veut dire que le manga ne sera pas prolongé au point de tourner en rond, ce qui est rassurant. Le manga a atteint 24 tomes pour l’instant au Japon, et la fin n’a pas été annoncée pour de suite, il reste encore quelques tomes pour profiter de cet univers.

En France nous avons encore beaucoup de temps pour voir la fin, le quatorzième tome venant à peine de sortir et pourtant certains tomes sont souvent en rupture de stocks. L’anime aura probablement une suite au vu du succès de l’œuvre et du fait que l’adaptation ne représente que les deux première parties du manga

Ce qui est sûr, c’est que la série aura marqué les esprits et promet de jolis cosplays de groupe, de belles figurines et produits dérivés ainsi qu’une révision du symbole de la croix svastika, appelée aussi croix gammée, symbole provenant avant tout d’une culture asiatique et des religions hindouistes et bouddhistes.

Retrouvez nos autres articles sur le thème des animes, comme celui sur Puella Magi Madoka Magica.

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