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Critique (NO SPOILERS) Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker, la Force au bord des larmes.

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6 janvier 2020

La saga Star Wars est la plus grande œuvre cinématographique de la Pop Culture. Avec trois trilogies en quarante-deux ans, les fans de tous les âges se sont approprié les films. Au fil des années, ils se sont fait leur Star Wars, entre joies et peines, au fur et à mesure des films sortis. Il est donc impossible de faire une critique impersonnelle pour ce dernier opus de la trilogie de Disney. Le « je » va être utilisé car je vais d’abord vous raconter mon Star Wars pour pouvoir vous expliquer pourquoi la conclusion de la saga des Skywalker est plutôt réussie.

Il y a bien longtemps, dans notre galaxie en 1993…

J’ai huit ans. Un dimanche pluvieux, mon grand frère décide de prendre mon destin entre ses mains. Après un dithyrambique « Tu verras, c’est cool ! » de sa part, il me tend une VHS que je dois mettre dans le magnétoscope. C’est ainsi que je vois pour la première fois la Guerre des étoiles (oui à l’époque c’était traduit). Après un laconique mais enthousiaste « C’était top ! » de ma part, je suis donc devenu fan de cette saga.

C’est avec ce même grand frère que je suis allé voir la réédition de cette trilogie qui sortait à nouveau au cinéma en 1997. Je me revois tout ému en sortant des séances, me disant : « Star Wars c’est top, mais encore plus au cinéma ! ».

C’est avec mes amis, à l’adolescence, que j’ai été au cinéma voir la « prélogie » qui racontait les épisodes 1, 2 et 3. Autant vous dire que le fan que je suis en a eu gros à la vision de ces films. Je n’ai pas été conquis. Le divertissement était là, certes, mais l’enfant qui avait vu Star Wars pour la première fois n’a pas été touché. D’ailleurs, je me rappelle des horribles critiques de la presse et des fans à la sortie de la Menace Fantôme. On accusait George Lucas d’avoir ruiné son œuvre au profit du dieu Dollars. Tiens, ça me rappelle une rengaine actuelle…

C’est père de famille que j’ai découvert la nouvelle trilogie de Disney. Dès la première bande annonce de l’épisode 7, le Réveil de la Force, l’enfant de huit ans s’est réveillé instantanément. À la vue du film, BINGO ! Disney m’avait eu à base de nostalgie. Bien sûr, le film a beaucoup de défauts et est d’une simplicité déconcertante dans son écriture mais trop tard, les souvenirs étaient revenus et j’attendais d’être totalement conquis par l’épisode 8, Les Derniers Jedi.

Et là, le drame.

L’épisode 8 est le Star Wars que j’ai le moins aimé de tous. Je vous vois venir avec votre : « encore un fan débile qui s’est senti outragé par l’ambition du film». Perdu ! Je n’ai pas aimé ce film car je me suis profondément ennuyé. Avec ses sous-intrigues inutiles et sa course poursuite dans l’espace d’une lenteur abyssale, j’ai eu le temps de remarquer les idées cadeaux de Disney pour Noël. La seule note positive du film pour moi était d’ailleurs ce qui avait tant fait rager les fans ultimes : le traitement de Luke Skywalker et de la Force. J’avais trouvé cela très intéressant et assez pertinent, mais c’était tout !

Autant vous dire qu’après cet opus 8, l’enfant en moi qui aimait tant Star Wars était en hibernation totale.

Et me voilà ce Mercredi 18 Décembre dans la salle de cinéma pour voir l’épisode 9, L’Ascension de Skywalker, inquiet que mon amour pour Star Wars ne soit peut-être qu’un amour d’enfant et que j’avais trop grandi.

J. Abrams en 12 parsecs chrono

Le réalisateur du Réveil de la Force a été appelé à la rescousse par Disney pour diriger ce film et clôturer une saga qui s’étend sur 42 ans en un film et il ne va pas perdre de temps.

Dès le texte d’introduction il annonce le retour d’un des plus grands personnages de la saga. Les 5 premières minutes du film expliquent le pourquoi de ce retour et tentent de créer le lien avec les deux épisodes précédents. Alors oui c’est facile, très facile même, mais le film d’avant avait posé tellement de questions sans trop vouloir forcément y répondre qu’il fallait bien redonner un sens à cette trilogie.

En tout cas, le cadre est posé. Abrams n’a pas le temps et cela se voit. Le rythme est soutenu, parfois trop à mon goût, mais au moins dans celui-là pas le temps de s’ennuyer.

Après une première heure assez classique, avec courses poursuites et recherches d’objectifs pour faire avancer l’intrigue, le film décide de prendre un peu plus son temps et on comprend pourquoi. L’hommage à la première trilogie commence.

Dans cette deuxième partie, le réalisateur va essayer de répondre à beaucoup de questions que les fans se posaient : l’origine de Rey, comment Leila est devenu la Superwoman de l’espace de l’épisode 8 et même sur La Force. Pour répondre à ces interrogations, Abrams va utiliser le matériel d’origine qu’est la première trilogie avec ses icônes mythiques. Ainsi il donne de l’épaisseur aux personnages créés pour les films Disney qui en manquaient tant.

Rey (Daisy Ridley), qui se cherchait dans les deux premiers épisodes, s’est enfin trouvée. Finn (John Boyega), inutile dans l’épisode 8, se révèle surprenant dans celui-là. Poe (Oscar Isaac) devient le leader que l’on voyait en lui. Mais le personnage le mieux traité est celui de Kylo Ren (Adam Driver). Le souffre-douleur de beaucoup de spectateurs est pour moi le meilleur personnage de cette trilogie, même un des meilleurs de toute la saga Star Wars dans son développement. Adam Driver fait preuve de subtilité dans son jeu pour montrer l’évolution de son personnage, qui est bien plus qu’une « victime » comme j’ai pu le lire dans certains commentaires de fans.

Par conséquent, avec ces personnages mythiques respectés (merci pour Leia), les nouveaux venus de Disney plus étoffés ainsi que du « fan service » à tout va (parfois surprenant, parfois moins), Abrams conclut la saga des Skywalker efficacement, sans prise de risques, en ayant pour seul ambition de respecter les Star Wars originaux et le spectacle qu’ils nous ont toujours proposé.

Perturbations dans la Force

La trilogie Star Wars de Disney se finit donc avec cet épisode 9. Mais que va-t-il rester de ces films-là dans le futur ? Quelle résonance auront-ils dans la mythologie de cet univers ?

Ces questions sont légitimes car mis à part cet épisode 9, qui est de loin le meilleur épisode des trois, cette trilogie a beaucoup de défauts. Surtout un : sa construction.

En effet, n’ayant pas de vrai capitaine à bord sur l’ensemble des films, comme un George Lucas ou un Peter Jackson, Disney s’est tiré une balle dans le pied. Il n’y a pas de lien entre les différents épisodes car ce n’est pas la vision d’une même personne qui serait en accord avec la maison mère (Disney). La preuve, l’Ascension de Skywalker est un « deux films-en-un », un peu fourre-tout qui renie assez l’épisode d’avant.

De plus, en voulant à tout prix donner une conclusion à la saga des Skywalker, Disney prend un gros risque. Même si cet univers est d’une richesse incroyable, serions-nous intéressés par de nouveaux films sans ces personnages iconiques ? La série The Mandalorian sur Disney + ne pourra pas répondre à cette question toute seule.

Mais tout cela ne sont que des considérations d’adultes car vous l’avez compris, mon Star Wars à moi ce sont les souvenirs d’un enfant de 8 ans ébloui par ce spectacle galactique.

Je vous l’accorde, mon point de vue n’est pas celui d’un fan ultime vouant un culte à cette saga mythique. Mais comme dit précédemment, chacun son Star Wars.

En tout cas, ce que je sais c’est que pendant le générique de fin, le petit garçon en moi était là, bien présent, heureux du spectacle proposé et je l’entendais dire « Star Wars c’est vraiment top, dommage que mon grand frère n’était pas là ! ».

Brice Degrange, éternel Padawan.

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