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Makoto Shinkai, nouveau souffle dans l’animation japonaise.

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20 mars 2020

Makoto Shinkai est un réalisateur de film d’animation japonais. Il double souvent dans ses propres films et a travaillé  en tant que graphiste pour une série d’éroge (jeux vidéo pour adultes) uniquement disponible au Japon. Âgé de 47 ans, il est originaire de la préfecture de Nagano. Également appelé par beaucoup « le nouveau Miyazaki» (surnom qu’il estime bien trop honorifique pour lui). Pour ceux ne le connaissant pas, Hayao Miyazaki n’est autre que le créateur des Studios Ghibli, plus grand studio d’animation japonaise. Il est aussi le réalisateur de célèbres films comme Mon Voisin Totoro ou encore l’incroyable film Princesse Mononoké.

Beaucoup le connaissent pour avoir fait Your Name en 2016. Il était déjà connu et avait un franc succès au Japon. Plongeons dans son univers particulier et reconnaissable entre milles.

Ses thématiques font lien au travers de ses films. Une impression de voir un travail de recherche continu sur comment aborder ces thèmes, comment les représenter, etc. Cette manière de procéder peut procurer un sentiment de «déjà-vu». Pourtant l’animation nous envoûte et l’histoire, même parfois prévisible, nous transporte.«qu’elles sont ces thématiques ?» Elles sont nombreuses, certaines reviennent souvent comme le train et la pluie (notamment dans son dernier film). Les mondes parallèles ou réalité alternative. L’adolescence. Sans oublier la  touche de rêve: la science-fiction.

Depuis la sortie des Enfants du Temps j’ai regardé et surtout re-regardé tous les courts-métrages et long métrages de Makoto Shinkai. Chaque synopsis sera accompagné d’une mini fiche technique et de mon ressenti propre.

The Voices Of A Distant Star

Son premier projet d’envergure est The voices of a distant Star qui sortira en 2002. Ce court-métrage qui dure 25 minutes est vendu en France avec le film Byousoko 5 centimeter.
L’histoire commence en 2047, la jeune lycéenne Mikako s’est engagée dans l’armée pour combattre les Tarsiens, des extraterrestres. Elle gardera contact avec son meilleur ami en lui envoyant des mails par téléphone. Mikako va s’éloigner de la Terre, de ce fait les messages entre les deux vont mettre de plus en plus de temps à s’expédier.

Entre émerveillement et tristesse, ce lien bouleversant entre les personnages m’a subjugué ! C’est une claque visuelle ! Un bon film avec une histoire brève et cohérente.

Mars 2007 signe l’arrivée de Byousoko 5 centimeter au Japon. D’une durée de 1 heure et 3 minutes, c’est le premier long-métrage qui reprendra les thèmes du train et de l’amour que j’aime retrouver.
Takaki et Akari se sont rencontrés à l’école primaire. Elle déménage et gardera contact avec son ami par lettres. Plus cette correspondance va durée plus Takaki se sentira mal. Va alors commencer son long périple.
Une relation incroyable et larmoyante. Pendant tout le long de cette aventure, j’ai éprouvé une grande empathie pour les deux personnages de cette histoire.

Voyage Vers Agartha

En 2011, paraît le chef-d’œuvre qui a fait connaître Makoto Shinkai au monde entier : Voyage vers Agartha. Nominé pour 5 prix en Europe, ce film dure pas moins de 1 heure et 56 minutes.
Asuna, une jeune écolière a perdu son père. Depuis, elle va sur un rocher surplombant les montagnes pour écouter des chants grâce à la radio qu’il lui a laissée. Une rumeur dit qu’un ours y rôde. En continuant à y aller, elle ne se retrouvera non pas face à un ours, mais à un monstre ! Un jeune garçon vient alors à son secours. Il dit venir d’Agartha, une cité mythologique.
Mon premier coup de cœur. De vraies questions se posent. Ce monde qui nous est présenté n’est pas manichéen. Seuls des personnages cherchant le réconfort. Que ça soit Asuna, qui recherche une figure paternelle dans ce long voyage ou le professeur recherchant son âme sœur décédée.
Une animation toujours formidable avec des images magnifiques. On y remarque bien l’inspiration pour Hayao Miyazaki (le fondateur des studios Ghibli), ce film en est un exemple parfait.

Garden Of Words

Garden of Words, un film d’animation qui sortira en avril 2013. D’une durée de 40 minutes, mélange drame et belle histoire d’amour.
Dans le quartier de Shinjuku, on suit Takao : un jeune lycéen voulant devenir cordonnier. Ses parents sont séparés et leurs relations sont compliquées. Notre héros a pris l’habitude de sécher les cours tous les jours de pluie, pour aller dans un jardin japonais. Sous le même abri, le jeune homme rejoint une femme et dessine. Pas un seul mot est prononcé et une habitude s’installe. Vont-ils se parler ? Comment cette « relation » va-t-elle survivre une fois les jours de pluie fini ?

Certainement le film le plus poétique selon moi de Makoto Shinkai. Les deux personnages ont une relation absolument unique et merveilleuse. Une animation aux petits oignons. On y retrouve une nature verdoyante et une animation plus belle que jamais ! Garden Words sera mon second coup de cœur, avec cet amour si poétique dans un décor faisant rêver.

La tour au-delà des nuages sortie en 2016. D’une durée de 1h30.
Cette histoire se déroule après la Seconde Guerre mondiale. Une  tour immense s’élève sur une île du Japon. Elle fait rêver certains jeunes qui la ressentent comme un appel. C’est notamment le cas pour nos deux héros Iruki et Takuya. Ils sont meilleurs amis. Iruki a un petit faible pour Sayuri. Les deux construisent un avion nommé Velatiela avec pour objectif de voler jusqu’à la tour. Un petit travail pendant les vacances, les aide à payer les pièces manquantes. Ils finiront par montrer l’avion à Sayuri, ce qui la décide à monter avec eux. Quels mystères se cachent derrière ce monument ? Vont-ils réussir à faire décoller l’avion ?
C’est le premier film introduisant le thème des dimensions parallèles et qui reviendra par la suite, notamment pour Kimi no na wa. La tour au-delà des nuages a de très jolies images. La musique que joue Sayuri est vraiment belle. L’histoire est complexe avec un nombre faramineux d’explications qui embrouillent rapidement le spectateur. Ce point donne un scénario très peu compréhensif au premier regard et laisse une sensation d’incompréhension et d’insatisfait.

Your Name

Kimi no na wa aussi connu sous le nom de Your Name sortira au cinéma en 2016, pour moi c’est encore être hier. Le film dure 1 heure et 52 minutes. Il sera nommé deux fois aux Annie Awards mais sera malheureusement dans l’ombre des célèbres studios Walt Disney et Ghibli.
Mitsuha est une étudiante du Japon rural alors que Taki l’est à Tokyo. Ils rêvent de la vie de l’autre. Et un matin, ils se réveillent dans le corps de son alter ego. Bien évidemment tout change, le quotidien, le paysage, le sexe, la famille. Se trame alors une histoire incroyable !

Kimi no na wa est selon moi un sommet pour Makoto Shinkai. Il regroupe avec perfection toutes ses thématiques. Les trains, les vies parallèles, la jeunesse ou encore le lien entre les personnages. Il est mon troisième coup de cœur. La musique du film a été faite par RADWIMPS, un groupe que j’affectionne particulièrement. Les images et l’animation subliment ce chef-d’œuvre. L’on peut dire que Kimi no na wa est le film qui a fait connaître Makoto Shinkai.

Weathering With You

Weathering With You, film arrivé fin 2019 au Japon est sorti au cinéma récemment en France, sous le nom Les enfants du  temps. Ne durera pas moins de 1 heure et 51 minutes.
Hodoka est un garçon de 15 ans. Il quitte son domicile pour faire ses études à Tokyo, cependant il manque très rapidement d’argent. Ce jeune garçon vit seul et isolé. Un homme, à qui il doit la vie, va lui permettre de travailler dans un magazine occulte assez bizarre. Tokyo est une ville triste, il ne cesse de pleuvoir. Hodoka va faire la rencontre d’une fille nommée Hina. Elle détient un pouvoir, ses prières font cesser la pluie.

Makoto Shinkai nous donne toujours plus de beaux visuels et des histoires d’amour adorables, même si attendues. Weathering With You me donne la fameuse impression de déjà-vu et semble être un choix de faciliter. Les quelques incohérences scénaristiques, telles que le pistolet jeté au début par le héros qu’il retrouvera dans le même buisson à la fin. Plus des événements capillotractés, poussent aux rires nerveux. Et pour finir, on remarque que le réalisateur n’a pas l’air d’apprécier la police japonaise qui est tournée au ridicule. Une explication un peu trop tardive des pouvoirs d’Hina et de leurs provenances clôturera mon avis.

Pour conclure cet article, Makoto Shinkai a produit des œuvres incroyables que cela soit d’un point de vue visuel ou intellectuel. Ses films ne sont pas à prendre un par un car ils forment un tout gigantesque de recherche sur ses thématiques (les trains, les relations humaines, l’adolescence, les réalités parallèles, …). Selon moi c’est ici que se trouve son génie : dans ces thèmes reliant ses œuvres. J’espère vous avoir donné envie de voir ses films. Je vous donne rendez-vous dans un prochain article. Bon visionnage !

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