Luxo Junior dans le générique Pixar
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35 ans de rêve avec les dessins animés des studios Pixar

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12 février 2021

Pixar : des studios qui ont fait rêver bien des générations

Pixar. C’est un nom évocateur. Une marque qui a bercé votre enfance comme la mienne. Un studio qui se destine aussi bien aux jeunes enfants qu’aux adultes attentifs. Car, au-delà des images colorées, des chansons entraînantes, et des personnages extravagants, les scénarios des studios Pixar s’adressent bien souvent à tous les publics, avec différents niveaux de lecture. Voulant toujours être à la pointe de son art, Pixar s’est sans cesse renouvelé. Et ses efforts payent : les studios sont reconnus mondialement, et la plupart de leurs productions sont des succès critiques et populaires d’ampleur. Et ça fait 35 ans que ça dure !

De leur création en 1986 à leur dernière production Soul, premier à ne pas être sorti en salles, en passant par leur rachat par Disney en 2006, petite rétrospective de l’histoire derrière les créateurs d’aventures les plus appréciés du monde du cinéma, à l’occasion de leur 35e anniversaire.

Entrée des studios Pixar

Les studios Pixar : de George Lucas à Steve Jobs

A l’origine, il n’y avait pas le néant : il y avait Graphics Group. Non, les studios Pixar ne sont pas apparus spontanément dans le paysage cinématographique. Leur naissance officielle a bien pour date le 3 février 1986. Mais, avant cela, dans l’ombre de la division informatique de la société Lucasfilm Limited, un service se crée en 1979. Sous la direction d’Edwin Catmull, fraîchement recruté, Graphics Group est alors un prestataire technique. Il a pour mission de développer et de vendre des logiciels de création d’animation. La gamme RenderMan qui en découle existe toujours aujourd’hui au sein des studios Pixar. Elle sert de pôle de recherche et de développement.

Luxo Junior dans le générique Pixar

Afin de promouvoir ses produits, John Lasseter a l’idée de produire des courts métrages en image de synthèse. Quoi de mieux qu’une belle démonstration pour convaincre son public ? De ces petits films naîtra Luxo Junior, la petite lampe qui caractérise le logo Pixar. C’est de là également que proviennent les courts métrages qui précèdent les films d’animation, lors des projections au cinéma. En quelques minutes, les studios pouvaient tester sur le public de nouvelles techniques, et faire grandir au passage leur réputation.

En 1986, Steve Jobs rachète le service à George Lucas, dont la firme connaît quelques difficultés financières. La nouvelle société, rebaptisée Pixar, voit le jour en 1986. Edwin Catmull est l’un des deux directeurs de la firme, avec Alvy Ray Smith. Très vite, l’entreprise abandonne ses activités de vente de matériel informatique, notamment le Pixar Image Computer. Elle se concentre alors sur ce qu’elle fait de mieux : l’animation. Les premières années, Pixar gagne en notoriété avec des publicités animées qu’il produit pour d’autres marques, comme Tropicana. Durant tout ce temps, la marque entretient toujours des rapports étroits avec Walt Disney Feature Animation. Un pari gagnant.

Pixar et Disney : je t’aime, moi non plusAffiche Toy Story

Le premier gros contrat de Pixar se présente en 1991, lorsque les studios signent avec Disney pour la production de trois longs métrages d’animation. Le premier d’entre eux sera Toy Story, projeté sur les écrans en 1995. Petit succès de 362 millions d’euros de recettes. Le film est une révolution mondiale. Premier film d’animation produit intégralement en image de synthèse, il propulse Pixar comme un grand studio. Il est capable à la fois de proposer des dessins de qualité, et une histoire forte et originale. Trois ans plus tard, nouveau succès avec 1001 pattes. Puis la routine s’installe avec Toy Story 2 en 1999.

Disney voit le potentiel de Pixar. Un potentiel qui l’impressionne autant qu’il l’effraie. En effet, depuis les années 1930, c’est Disney qui domine le marché du cinéma d’animation. Avec Pixar, un sérieux concurrent se positionne face à lui. Les relations entre les deux studios se tendent à l’aube des années 2000. Les contrats sont jugés inéquitables par Pixar, et la collaboration tend à se détériorer. Le dernier contrat en date prévoyait cinq films coproduits. Cars doit clore ce partenariat. Les négociations entre Steve Jobs et Michael Eisner, PDG de Disney depuis 1984, n’aboutissent pas. Pixar est obligé d’annoncer qu’il se met à la recherche de nouveaux distributeurs.

Avec le départ de Michael Eisner, les négociations reprennent et aboutissent au rachat de de Pixar par Disney, avec une large autonomie du premier. Ce partenariat était d’autant plus important qu’un nouvel acteur venait d’apparaître en frappant un grand coup. Les studios DreamWorks, créés en 1994 par Steven Spielberg notamment, avaient réalisé Shrek en 2001. Ils ont amorcé par ce film l’évolution du dessin animé, avec des propos à double sens et un positionnement ciblant aussi bien le jeune public que le public adulte.

Pixar à la pointe du progrès

Tout au long de leurs 35 ans d’existence, les studios Pixar ont souhaité repousser toujours plus loin les possibilités offertes par la technologie. Les images de synthèse, utilisées jusque-là ponctuellement par les autres studios, ont rendu caducs le travail traditionnel de Disney, tout en prouvant que la qualité du dessin n’en pâtissait pas, bien au contraire. Et même en continuant d’utiliser cette technique, les films sont toujours de plus en plus impressionnants. Pensez au succès retentissant de Coco. On constate une évolution constante depuis 1995.

La recette du succès de Pixar tient en trois points simples : l’histoire, la qualité, le bien-être des employés – les studios Pixar sont des précurseurs de l’esprit start-up, avec un environnement de travail agréable, qui se ressent dans les œuvres produites. John Lasseter a lui-même édicté les codes qui sont à la base de la philosophie Pixar. Pour lui, la technologie, aussi puissante soit elle, n’est jamais qu’un moyen. Peu vous importe, sans doute, de savoir que le film est réalisé avec tel logiciel, tant que pendant 90 minutes, il vous divertit, vous procure des émotions, et qu’il vous bouleverse encore après son visionnage. Pour reprendre les mots de Lasseter : « Ce n’est pas la technologie qui divertit le public. […] C’est ce que vous en faites qui compte. […] Raconter une belle histoire avec des personnages solides. »

C’est tout le soin apporté au scénario qui fait de chaque production Pixar un événement. Les thèmes traités ne sont jamais anodins, ils tournent toujours autour de grandes questions que peuvent se poser les enfants, et que les adultes n’ont pas toujours résolues eux-mêmes : la famille, la mort, l’absence, l’environnement, l’acceptation de l’autre … Ajoutez à cela une maîtrise parfaite de l’outil de travail, et vous avez le cocktail parfait pour un classique.

Des récompenses à la pelle

L’évolution technologique et technique, dont se servent les studios Pixar, n’a jamais galvaudé leurs principes. Un basculement que la direction souhaite à tout prix éviter. Si l’esprit Pixar a longtemps été vu, et l’est encore à bien des égards, comme l’héritier de l’esprit de Walt Disney lui-même, l’image de la firme-mère s’est quant à elle passablement étiolée ces dernières années. La création artistique semble être passée au second plan. Pixar se détache en cela de Disney, en restant concentré sur l’animation.

Statuette d'un OscarUne ligne directrice qui paye, puisque les studios Pixar sont très régulièrement récompensés. 23 longs métrages ont été exécutés par Pixar depuis 1995. Si les films d’animation ont toujours concouru dans la catégorie « Meilleur film » depuis la création des Oscars, la donne change en 2002 avec la création de la catégorie « Meilleur film d’animation ». A noter tout de même que Toy Story a reçu en 1996 l’Oscar pour une contribution spéciale, comme Blanche-Neige et les Sept Nains en 1939 et Qui veut la peau de Roger Rabbit en 1989. Depuis 2002 donc, 13 films d’animation Pixar ont été nominés pour un Oscar, et 10 ont été récompensés. Quatre autres Oscars viennent s’ajouter à cette liste pour les studios, pour les courts métrages cette fois.

Pixar compte également 8 Golden Globe du « Meilleur film d’animation », récompense créée en 2007, et qui fut remportée durant les cinq premières années par Pixar. Toy Story 2 fut même récompensé en 2000 par un Golden Globes du « Meilleur film musical ou comédie ». Neuf Annie Award viennent parfaire ce joli palmarès. Quatre films réussissent l’exploit d’avoir obtenus les trois récompenses conjointement : Ratatouille, Là-Haut, Vice Versa et Coco. Au total, ce sont donc 32 récompenses qui furent décernées au studio pour leur œuvre, jusqu’à présent uniquement.

Un anniversaire en demi-teinte

La dernière création Pixar a vivement suscité l’émotion en fin d’année dernière. Pour de bonnes, et de moins bonnes, raisons. Commençons par le positif. Soul est, comme à l’accoutumée, un succès à la fois critique et public. Une fable métaphysique sur l’âme, qui nous emmène à la rencontre de Joe Gardner, professeur de musique au collège et inconditionnel du jazz. Alors que s’offre enfin à lui la possibilité d’intégrer le plus prestigieux club de New-York, il est victime d’un accident durant lequel son âme se détache de son corps et est envoyée au « Grand Avant », où les âmes acquièrent leur personnalité, avant d’être envoyées sur Terre, chez un nouveau-né. Joe y fait la rencontre de 22, une âme qui n’a jamais souhaité sortir du Grand Avant, et ce depuis … Joe va tout faire pour retrouver sa vie, et convaincre 22 de le suivre.

Affiche Soul

Le film est largement salué, et même comparé à Coco. Il aborde une nouvelle fois un thème qui n’est pas enfantin, mais que les enfants et les plus grands peuvent appréhender en couleur et en musique. La sortie sur Disney+ le 25 décembre 2020, retardée par la crise sanitaire, n’en a pas pour autant affaiblie la popularité du film.

C’est pourtant au Portugal qu’on trouve la petite ombre au tableau. En effet, Joe est un personnage noir, doublé aux Etats-Unis par l’acteur noir Jamie Foxx et en France par Omar Sy. Au Portugal, le choix s’est porté sur Jorge Mourato, acteur blanc. Il n’en fallait pas plus pour lancer le scandale, dans cette période où la question raciale est au centre des débats. Une pétition a été mise en ligne, signée par plus de 17 000 personnes, réclamant un nouveau doublage. L’article du Courrier International vous en dit un peu plus sur cette affaire.

Bon anniversaire Pixar

Malgré ce scandale récent, et non directement lié aux choix du studio, Pixar demeure un des maîtres de l’animation au niveau mondial. L’ensemble de son œuvre est largement connu et reconnu, et il n’est pas un enfant en France qui ne connaisse pas, de près ou de loin, un dessin animé Pixar. De la ruée sur les poissons clowns avec Le Monde de Némo à l’engouement pour Flash McQueen, des larmes versées aux rires éclatants qui ponctuent tous les longs métrages de Pixar, il est difficile de rester insensible aux productions, et de ne pas mesurer leur influence sur le monde qui nous entoure.

Il n’y a pas à dire, les studios Pixar ont encore un long chemin à parcourir en notre compagnie. Après tout, 35 ans, c’est la fleur de l’âge, c’est là que les compétences s’expriment le mieux. Alors, bon anniversaire Pixar, et surtout, bonne continuation, le chemin est tout tracé.

 

Le monde de Pixar est l’un de ceux où la magie et la sorcellerie trouvent le mieux à s’exprimer. Alors, pour ne rien rater de ce thème, allez jeter un coup d’œil à nos prochains Angers Geekfest et Bordeaux Geekfest.

Pour en apprendre un peu plus sur l’art du graphisme et l’élaboration d’une histoire, vous pouvez aussi aller écouter l’interview du mangaka Christophe Cointault.

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