Pokémon Rouge et Bleu
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Pokémon : le dessous des cartes

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12 mars 2021

Le phénomène Pokémon : une mode qui ne s’épuise pas

Ces dernières semaines, il était impossible de ne pas en entendre parler. De nouvelles annonces, de nouveaux jeux, des événements inédits. Les Pokémons ont (re)conquis le territoire, à l’occasion des 25 ans de leur création. Eh oui, un quart de siècle que le premier jeu, ou plutôt, que les deux premières versions sont sorties. En 1996, le Japon découvrait Pokémon Rouge et Pokémon Vert. Très rapidement suivra Pokémon Bleu, qui finira de faire du jeu une légende. Il aura fallu attendre trois ans pour que le phénomène débarque en France.

Un réel phénomène oui, qui a emporté avec lui plus d’une génération. Nous vous en parlions déjà il y a quelques temps, Pokémon est une véritable licence transgénérationnelle. Mais, dans le fond, comment expliquer un tel succès ? Pourquoi l’engouement autour de la saga ne s’affaiblit pas, même après toutes ces années ? Même avec toutes les critiques qui l’accompagnent ? On vous propose d’apporter quelques hypothèses sur la longévité de la pokémania.

Logo Pokémon

Un jeu qui met l’accent sur le partage

Deux. C’est le chiffre qui caractérise, peut-être, le mieux la licence Pokémon. Chaque nouvelle génération est introduite par deux nouveaux jeux. Une pratique étonnante, et unique par sa régularité : Bleu et Rouge ; Or et Argent ; X et Y ; et jusque Épée et Bouclier en 2019. Une tradition qui joue sans doute dans la renommée de la licence : double dose pour double plaisir. A noter que les deux versions originales étaient nécessaires pour compléter l’ensemble du Pokédex.

Deux, c’est aussi l’idée de la pluralité, que veulent mettre en avant les développeurs du jeu. Celui-ci est pensé pour être joué à plusieurs, et pour être terminé, plus facilement au moins, grâce à l’aide d’autres joueurs. Selon Junichi Masuda, compositeur des musiques des jeux et dessins animés, et un des réalisateurs emblématiques des jeux : « L’échange est un concept central de Pokémon. Donc, quand vous faites un échange, vous rencontrez un ami et décidez de quel Pokémon vous allez vous échanger réciproquement. Il faut mettre l’accent sur la communication réelle entre les joueurs. ».

C’est pourquoi les premiers jeux, sortis sur Game Boy, étaient déjà pensés pour favoriser cet échange. Pokémon révolutionne la Game Boy, alors en fin de vie, en utilisant pleinement les capacités de la console, et en exploitant le câble Link. Deux consoles peuvent alors être reliées, et permettre aux deux joueurs de s’échanger des monstres, et ainsi de pouvoir faciliter leur évolution, mais aussi de combattre entre eux.

Une bonne idée qui agit comme un déclencheur. Le côté multijoueur et coopératif plaît aux joueurs, qui s’arrachent les deux premières versions, puis Pokémon Bleu. Le début d’une longue histoire, dans laquelle le collectif ne s’est jamais démenti, jusqu’à Pokémon Go, où les gens pouvaient partir attraper les monstres à plusieurs.

Pokémon Rouge et Bleu

Pokémon : la réussite du transmédia

Mais nombreux sont les jeux qui ont connu un lancement pharamineux puis sont tombé dans l’oubli. Pokémon a su perdurer dans le temps, en se développant, sans se trahir. Un modèle à suivre dans la capitalisation du succès. Car, aujourd’hui, Pokémon est présent non seulement partout dans le monde, mais sur tous les supports : jeux vidéo, cartes à jouer, animés et films, mangas, … Le célèbre slogan « Attrapez-les tous ! » n’a jamais été aussi vrai.

Il est d’autant plus important de le souligner que le succès n’était pas attendu à ce point lors du développement du jeu en 1996. En 2000, Shigeru Miyamoto déclarait dans une interview que beaucoup de ses collaborateurs ne croyaient pas possibles qu’un tel jeu – comprenez au style « trop japonais » – puisse fonctionner aux Etats-Unis. Et pourtant, deux ans après sa sortie au Japon, Pokémon arrive chez l’Oncle Sam, et se vend à 30 millions d’exemplaires (le record pour la saga). Une performance à saluer. En parallèle, une série animée est créée, puis un jeu de cartes à collectionner – où l’on retrouve sans ambiguïté la volonté de faire se rencontrer les joueurs.

La suite, on la connait : huit générations de Pokémons, des films, des saisons de dessins animés à n’en plus finir … Tout ceci en fait la série la plus rentable de l’histoire, avec 95 milliards de dollars de recettes depuis 1996, et des générations de joueurs qui connaissent, de près ou de loin, l’univers du jeu. Sacha et Pikachu sont devenus des ambassadeurs de Pokémon, et aucune convention de cosplay digne de ce nom ne s’organise sans représentants de la Team Rocket.

Du mythe au jeu, du jeu à la légende

La réussite de Pokémon est donc à la fois le fruit d’innovations techniques, d’un développement ingénieux et d’un renouvellement progressif et intelligent. Mais il est un autre aspect qui participe du mythe de Pokémon : sa dimension mythologique. L’univers de Pokémon abrite lui-même un panthéon divin, et une histoire propre, mais, il s’inspire plus que fortement des grands mythes japonais, et même étrangers.

FeunardL’exemple le plus marquant : les yokai. Ces esprits qui peuplent le folklore japonais, pouvant être aussi farceurs que malveillants. Il existe de très nombreux yokai, dont vous pouvez retrouver une histoire détaillée dans l’article d’Andres Camps, mais certains sont bien connus de nos contrées. Si je vous dis Kitsune par exemple, vous me répondrez sans hésiter : le fameux renard qui peut posséder jusqu’à 9 queues. C’est un yokai, réputé pour son intelligence, sa longévité et ses pouvoirs magiques nombreux, dont la capacité de métamorphose. Goupix et Feunard sont tirés de cette légende. De la même manière, des Pokémon comme Trousselin ou Branette sont des yokai spécifiques : des Tsukumogami, c’est-à-dire des objets inanimés au départ, mais qui prennent vie à leur centième anniversaire. Concernant les légendes étrangères, Kyogre, Groudon et Rayquaza sont trois Pokémons tirés de créatures bibliques : respectivement le Léviathan, Béhémoth et Ziz.

La force de Pokémon tient donc aussi dans sa manière de réinventer et de faire connaître et perdurer le folklore japonais, essentiellement. Un aspect très ludique du jeu, qui prend dès lors une aura beaucoup plus intéressante : le jeu n’est pas qu’un simple RPG, c’est un vivier de traditions, un puit de connaissances. Ses inspirations sont d’ailleurs aussi parfois naturelles ou scientifiques. C’est pourquoi il y a encore beaucoup à apprendre de cette licence, moins enfantine qu’il n’y paraît.

Entre critiques et succès

Des 150+1 premiers Pokémons (Mew étant un personnage secret des premières versions, un des éléments du succès également), nous en sommes arrivés à 898 après huit générations. Un nombre impressionnant de créatures – et autant de caractéristiques à retenir pour avancer dans le jeu, car Pokémon repose avant tout sur beaucoup de tactique – qui abrite nécessairement quelques ratés. La même critique revient régulièrement, affirmant qu’il y a désormais trop de créatures, et que l’inspiration vient à manquer (les yokai ne suffisent plus …). Le mieux est encore que vous vous fassiez votre propre opinion sur cette question.

Mais une chose est certaine : la popularité de Pokémon ne semble pas prête de s’éteindre, malgré plus de trente opus canoniques à ce jour, et un millier d’épisodes pour la série animée. A l’occasion de l’anniversaire de la franchise, ce 27 février, l’entreprise a fait quelques annonces : une réédition des Pokémon Diamant et Perle sur Switch prévue pour fin 2021, et un nouvel opus en 2022 : Pokemon Legends Arceus. Le jeu serait un RPG en monde ouvert, prenant place dans la région de Sinnoh, mais bien avant l’action des deux jeux réédités. A noter également l’arrivée le 30 avril de New Pokémon Snap, et, pour une date encore indéterminée, Pokémon Unite. De quoi compléter une collection bien remplie.

L’anniversaire a également été célébré dans les jeux, mais aussi avec un concert de l’artiste Post Malone, diffusé sur YouTube et sur Twitch en direct – le concert, d’une durée de 13 minutes pour quatre titres, a tout de même été visionné 1,6 millions de fois à la date du 1er mars – ou encore avec un livre Hommage à Pokémon. Les origines de la saga, publié chez Ynnis Editions à partir du 20 janvier.

Pokémon image de jeu

Pokémon : d’une histoire à l’Histoire

Les différents événements ont concentré un large public, démontrant le poids de Pokémon dans la pop culture actuelle. C’est incontestable, la franchise est entrée à jamais dans l’histoire de la culture geek. Entre son retentissant lancement en 1996 à sa continuité maîtrisée dans tous les domaines possibles, la saga Pokémon promet à encore quelques générations, au moins, de s’amuser entre amis, et d’apprendre quelques petites choses, de-ci de-là, de la culture japonaise, avec Magicarpe ou Fantominus.

Pour un aperçu plus global de l’histoire de Pokémon, vous pouvez aussi consulter cet article de Sud-Ouest.

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